« … L’antisémitisme renaît de ses cendres, pardon de nos cendres et s’appelle antisionisme. Il s’appliquait aux individus, il s’applique à une nation. Israël est devenu un ghetto. Jérusalem, c’est Varsovie, les nazis qui nous assiègent par l’arabe. Et si leur croissance se déguise parfois en faucille, c’est pour mieux piéger les gauches du monde entier. Moi, qui suis un juif de gauche, je n’en ai rien à faire d’une certaine gauche qui veut libérer tous les hommes au dépend de certains d’entre eux, car je suis précisément de ceux-là. D’accord pour la lutte des classes mais aussi pour le combat et le droit à la différence. Si elle veut me compter parmi les siens, la gauche ne veut pas faire l’économie de mon problème et mon problème est simple. Mon problème est que depuis les déportations romaines du premier siècle après Jésus-Christ, nous avons été partout honnis, bannis, écrasés, spoliés, chassés, traqués et convertis de force. Pourquoi ? Parce que notre religion notre culture était dangereuse. C’était un exemple de démocratie. Vous voulez quelques exemples ? Le judaïsme a été le premier à créer le shabbat, c’est-à-dire le jour de repos hebdomadaire obligatoire. Vous imaginez la joie des pharaons toujours en retard d’une pyramide ! Le judaïsme interdit l’esclavage. Vous imaginez la sympathie des Romains les plus importants grossistes de main-d’œuvre gratuite de l’Antiquité. Il est dit dans la Bible : la terre n’appartient pas à l’homme mais à Dieu… »
Écouter la suite avec Herbert Pagani (1944-1988), peintre, sculpteur, auteur-compositeur-interprète, au micro de Jacques Chancel – Lire le texte complet



