Dans la nuit du 8 au 9 mars 2026, peu avant quatre heures du matin, une explosion a soufflé les fenêtres de la synagogue de Liège. Pas à Anvers, où la densité de la vie juive et l’épaisseur du dispositif sécuritaire rendent la menace à la fois plus visible et plus anticipée. Pas à Bruxelles, durablement placée sous vigilance depuis les attentats de 2014 et 2016. Mais à Liège : ville ouvrière, laïque, attachée à son imaginaire civique, et peut-être pour cela même moins disposée à penser sa propre vulnérabilité. La bombe n’a pas frappé n’importe où. Elle a frappé là où l’on regardait le moins. Elle a trouvé l’angle mort.
Ce que cet attentat révèle n’est pas seulement la violence d’un ou de plusieurs individus. Il oblige aussi à interroger la cohérence d’un système que je documente depuis plusieurs années : celui d’une défaillance institutionnelle récurrente, non toujours formulée comme telle, non toujours assumée, mais suffisamment constante pour dessiner un motif politique. En Belgique, face à l’antisémitisme, le silence n’est pas seulement une absence de parole ; il fonctionne, trop souvent, comme un mode de gouvernement.
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