Les députés ont adopté le 25 février pour la deuxième fois, par 299 voix contre 226, la proposition de loi créant un nouveau droit à l’aide à mourir, réforme sociétale clé du quinquennat Macron, qui doit maintenant être à nouveau examinée au Sénat. Le rapporteur général du texte, Olivier Falorni (groupe MoDem), a immédiatement eu des mots pour les malades et leurs proches : « Aujourd’hui, nous leur disons que nous les avons entendus et qu’ils auront enfin, dans notre pays, le droit de pouvoir partir en paix, en liberté et par humanité », a-t-il déclaré dans l’hémicycle, très ému et la voix tremblante. Mais cette compassion, ses yeux humides de bonté, risque fort de travestir une réalité brutale, comptable, cynique : la fin des solidarités, au profit d’un nouveau droit revendiqué par quelques-uns, l’élimination des moins aptes et des personnes vulnérables, la subversion de l’éthique médicale. Pour Bruno Dallaporta, médecin, néphrologue, docteur en éthique et spécialisé en philosophie appliquée à la santé, la pulsion de mort vient de l’emporter sur la valeur du soin, par un déplacement de la norme dont les conséquences seront dévastatrices, comme elles le sont déjà depuis vingt ans dans les pays qui ont pris ce chemin mortifère.
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