Le 11 septembre, le chef du gouvernement albanais, Edi Rama, a nommé une ministre générée par un système d’intelligence artificielle. Baptisée Diella et dotée d’un avatar vêtu du costume traditionnel, elle est chargée de l’octroi des marchés publics. L’objectif affiché est de lutter contre la corruption. L’attribution de « chaque denier public sera parfaitement transparente », affirme le Premier ministre albanais.
Mais « cette humanisation est une stratégie politique, pas un progrès technologique », dénonce Roxana Ologeanu-Taddéi, maitre de conférences en management du numérique à l’Université de Montpellier, auteur de l’ouvrage Intelligence artificielle et anthropomorphisme. « En déguisant une machine en conscience, le pouvoir efface ses propres responsabilités et transforme l’illusion d’objectivité et de progrès en instrument de légitimation », pointe-t-elle. Une étude qui vient d’être publiée dans Nature montre d’ailleurs que nos freins moraux s’affaiblissent encore davantage lorsque les gens délèguent des tâches à l’IA. Il est en effet déjà « plus facile » de contourner ou d’enfreindre les règles lorsque personne ne regarde, ou lorsque quelqu’un d’autre commet l’acte.
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