Pourquoi des millions de personnes peuvent-elles adhérer à des narratifs manifestement incohérents ? Comment expliquer cette disposition au sacrifice de soi et cette intolérance radicale aux voix dissidentes que nous avons observées ces dernières années ? Dans cette émission, Jean-Dominique Michel explore les travaux de Mattias Desmet, professeur de psychologie clinique à l’Université de Gand, qui a reconnu dans la crise Covid les mécanismes d’hypnose collective qu’il étudiait depuis des années.
La « formation de masse » désigne ce processus où la pensée individuelle se trouve remplacée par une conscience collective. Ce n’est pas de la stupidité — c’est une substitution de la morale individuelle par une morale de groupe, un phénomène documenté de Le Bon à Hannah Arendt. La « formation de masse » désigne ce processus où la pensée individuelle se trouve remplacée par une conscience collective. Ce n’est pas de la stupidité — c’est une substitution de la morale individuelle par une morale de groupe, un phénomène documenté de Le Bon à Hannah Arendt.
Quatre conditions préalables : l’atomisation sociale (épidémie de solitude), la perte de sens au travail, l’anxiété flottante sans objet, puis un narratif qui cristallise le tout en « bataille héroïque collective ».
La bonne nouvelle ? Ce qui fonctionne n’est ni la violence ni l’élimination des dirigeants, mais la parole sincère — calme, déterminée, inébranlable. Car si 20-30% sont véritablement « hypnotisés », 70-80% ne le sont pas. L’enjeu : maintenir une voix publique pour empêcher le basculement vers les stades ultimes.
« L’essentiel n’est pas de convaincre, mais de témoigner. »
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NDLR. Une présentation de grande qualité pour nous aider à comprendre les processus auxquels nous sommes soumis en permanence, et pour certains, sans le savoir, depuis longtemps.
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