Fake news : une ministre prise la main dans le sac

Dans une vidéo publiée le 13 mai 2025 sur X, Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre des personnes handicapées, s’est appuyée sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations-Unies pour justifier l’euthanasie des personnes porteuses de handicap. Pour la Fondation Jérôme Lejeune, cette fake news est une instrumentalisation inacceptable qui vise à dissimuler les menaces de la proposition de loi dont les dérives seront inévitables. La ministre a demandé que le droit à l’euthanasie « soit accessible à toute personne en situation de handicap, comme le prévoit la Convention des droits des personnes en situation de handicap des Nations-Unies”. Or, la Convention ne reconnaît aucun « droit à mourir », mais affirme avec force le droit à la vie des personnes handicapées (article 10), et impose aux États l’obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour le protéger. Ce droit est renforcé par l’article 16, qui exige la protection des personnes handicapées contre toute forme de violence, d’abus, ou de traitement inhumain, y compris dans les pratiques médicales, et par l’article 17, qui rappelle le droit au respect de l’intégrité physique et mentale.

Le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU (CRPD), chargé de surveiller l’application de cette Convention par les États parties, a par ailleurs fermement condamné les politiques étendant l’euthanasie ou le suicide assisté aux personnes handicapées. Le CRPD a ainsi exprimé en avril 2025 une « extrême préoccupation » à l’égard du Canada où le handicap suffit à approuver l’aide médicale à mourir depuis 2021, avec l’extension de ce dispositif à des personnes dont la mort n’est pas raisonnablement prévisible. Cette évolution repose, selon le Comité, sur des préjugés validistes et des « perceptions négatives et capacitistes de la qualité et de la valeur de la vie des personnes handicapées ».

Le CRPD fait également le lien entre cette évolution inquiétante et, d’une part, « les échecs systémiques de l’État partie à répondre aux déterminants sociaux de la santé et du bien-être », et d’autre part, les inégalités sociales, puisque ce dispositif euthanasique est « disproportionnellement utilisé par des femmes en situation de handicap et par des personnes handicapées vivant dans des situations marginalisées ».

Dans sa vidéo, la ministre a également affirmé que les craintes au sujet de l’euthanasie des personnes handicapées relevaient de “fake news” et de “l’utilisation de peurs” : or, ces craintes, exprimées par de nombreuses familles de personnes handicapées, sont exprimées également par le CRPD lui-même et reposent sur des faits avérés.

Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, « ce n’est pas un simple contresens mais une véritable instrumentalisation de cette Convention pour masquer les menaces graves et réelles que la proposition de loi fait peser sur les personnes handicapées. Cette manière de fausser le débat est intolérable ».

Lettre de la Fondation Lejeune

Sur le même thème L’ONU épingle les pratiques eugénistes de l’Europe
> L’ONU appelle à interdire l’euthanasie des personnes handicapées

Catégorie : Handicap | Politique

Sur le même thème

Sur le même thème

Lionel Jospin, héros ou fossoyeur de la France ?

Lionel Jospin, héros ou fossoyeur de la France ?

Dans ce nouveau numéro des Parts d’ombre de l’Histoire sur Tocsin +, Éric Branca revient sur un choix qu’il juge décisif : l’arrêt du surgénérateur Superphénix par le gouvernement Jospin en 1997, puis l’abandon du projet Astrid quelques années plus tard. Il replace...

lire plus
La fin de l’abondance pour les ONG

La fin de l’abondance pour les ONG

(…) Malgré les licenciements, la santé financière de la branche française ne semble pas désespérée. Fin 2024, Greenpeace France affichait une trésorerie de plus de 8,5 millions d’euros, souligne Le Point. L’organisation continue d’ailleurs de reverser entre 8 et...

lire plus

Pin It on Pinterest

×