Miviludes : entre dérives sectaires et dérive totalitaire

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Le rapport d’activité 2022-2024 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) révèle une augmentation importante du nombre de signalements et demandes d’informations adressées à la Miviludes ; évoque les divers types de dommages causés par des dérives sectaires, et ce dans des domaines d’activité très variés : cultes et spiritualités, santé et bien-être, formation, coaching… ; et détaille les actions engagées par l’État pour prévenir et lutter contre les dérives sectaires. Le rapport d’activité 2022-2024 révèle que les dérives sectaires et les menaces qu’elles représentent sont en constante évolution. Le nombre de signalements adressés à la Miviludes a plus que doublé entre 2015 et 2024. 
Plusieurs facteurs sont en cause, notamment :

  • la crise sanitaire et les confinements successifs qui ont favorisé les discours complotistes, la contestation des pouvoirs publics et la mise en cause de la science ;
  • le recours accru aux réseaux sociaux qui donne au phénomène un espace élargi d’expression et de nouvelles possibilités de mises en relation.

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>> NDLR. Loin d’être anecdotique, le rapport de la Miviludes mérite toute notre attention tant par les faits relevés par ce rapport que dans la formulation, mais aussi par l’évolution même de cet organisme avec des conséquences majeures pour notre liberté d’expression et de conscience :
Acte 1 : Dérives sectaires : la Miviludes est rattachée au ministère de l’Intérieur – juillet 2020
Acte 2 : Schiappa « renforce » la Miviludes, chargée de lutter contre les dérives sectaires – avril 2021
Acte 3 : De nouveaux moyens pour combattre les dérives sectaires – mai 2021
Acte 4 : Marlène Schiappa et les « thérapies de conversion » – septembre 2021
Acte 5 : Dérives sectaires, complotisme et démocratie – novembre 2022
Acte 6 : Gourous 2.0 Projet de loi contre le « complotisme et les dérives sectaires » – novembre 2022
Acte 7 : Santé : « sujétion psychologique » – novembre 2023
Acte 8 : Projet de loi contre les dérives sectaires : qui est visé ? – Novembre 2023
Acte 9 : Le projet de loi visant la lutte contre les dérives sectaires voté – février 2024
Acte 10 : Lutte contre les dérives sectaires : le projet de loi définitivement adopté – avril 2024
entérinant également la consécration législative de la Miviludes. La boucle est bouclée.

Et même si la situation n’est pas encore au stade de celle prévalant en Écosse ou au Royaume-Uni, tous les éléments sont là pour le faire. Et ce ne sont pas les protestations timides du Défenseur des droits qui feront obstacle à cette évolution. 
D’autant plus qu’il existe d’autres outils comme VIGINUM, ou encore L’unité de contre-discours républicain (UCDR), le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), le Conseil Local et Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD / CISPD), déjà en 2018, et l’Observatoire de la laïcité en 2017, qui sous couvert de lutte contre la radicalisation s’attaque de plus en plus à la liberté d’expression quand celle-ci ne correspond pas à celle promue par l’État.
Lire également ce petit historique de Wikipédia sur la lutte contre les sectes en France montrant également l’évolution législative et répressive.

L’interpellation du pasteur Andrew Brunson peut alors prendre un relief nouveau, si nous voulons bien l’écouter.

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